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Passif - agressif
13/11/2014

Ressources Humaines : Travailler avec des personnes difficiles - Les Passifs / Agressifs !

Dans notre vie professionnelle, nous sommes tous amenés à croiser, de près ou de loin, des personnes ayant des comportements anxiogènes susceptibles de provoquer de la souffrance, des conflits, voire de graves troubles dans les organisations.

 

L’usage veut que l’on essaie de ranger ces personnes dans des catégories afin de les caractériser et de tenter de les « gérer ».

 

Ainsi, il n’est pas rare d’entendre des psychologues amateurs affubler certaines personnes d’attributs compliqués tels que Manipulateur, Pervers, Hystérique, Mégalomane, Dépendant, ..., sans maîtriser ni leur sens ni leurs implications.

 

Si ces profils difficiles existent réellement, il n’en demeure pas moins qu’ils sont peu nombreux et que la probabilité de devoir travailler avec une personne schizophrène est très faible.

 

Parvenir à identifier le type de personnalité d’un individu sans tomber dans la caricature est délicat. Il est nécessaire de s’appuyer sur des spécialistes afin de réaliser des diagnostics fiables.

 

Il arrive toutefois que certaines personnes présentent des comportements extrêmement prononcés et révélateurs à un instant donné. Les contextes évoluent et les personnes avec eux : il s’agit donc d’analyser dynamiquement chaque situation.

 

- Les Passifs – Agressifs –

On parle ici de personnes qui apparaissent agressives au travers de leur passivité et induisent de l’agressivité chez ceux qui doivent travailler avec elles. Ce comportement constitue une boucle indissociable, la passivité crée de l’agressivité et inversement.

 

Les personnes « passives – agressives » donnent aux yeux de leurs collègues (ce comportement existe également dans la sphère privée) l’impression qu’elles en font le moins possible. Chacun d’entre nous a été confronté à une personne à qui l’on demande de l’aide ou de se presser pour rendre un travail rapidement et qui fait le minimum, voire ne fait rien du tout.

 

Les personnes « passives – agressives » analysent leur entourage et leur contexte de travail et bâtissent leurs propres règles de fonctionnement. Elles savent généralement quelles sont les limites à ne pas franchir pour ne pas se mettre en danger vis-à-vis de leur hiérarchie. Seuls leurs critères d’action ou de non action comptent pour elles. Le temps qu’elles prennent pour réaliser une tache peut être perçue comme un souci de bien faire et une tendance exagérée à la perfection, mais ce n’est pas le cas. La procrastination finit par apparaître et avec elle les prétextes à l’ajournement sine die des taches, même urgentes, à accomplir.

 

Le cercle vicieux nait de la relation aux autres, car plus les personnes « passives – agressives » reçoivent de l’agressivité, plus cela renforce leur comportement. Ici nait un véritable pouvoir de manipulation, avec des conséquences souvent fortes en ce qui concerne les surcharges émotionnelles que cela engendre dans les équipes.

 

La nonchalance ou l’absence d’anxiété chez les personnes « passives – agressives » accroissent les tensions et l’agressivité chez leurs collègues.

 

Si une personne « passive – agressive » est la seule à pouvoir réaliser une action précise, son pouvoir anxiogène, voire de nuisance, peut vite devenir difficile à gérer dans une équipe. Sa capacité à regarder les autres et à ne pas prendre en considération ni les remarques, ni les reproches en font une « cible » régulière et autoalimentée.

 

Ce qui est déstabilisant pour ses collègues  et managers est qu’une personne « passive – agressive »  elle écoute les réflexions qui lui sont faites sans broncher. Rien ne semble l’atteindre et cela contribue à renforcer le sentiment d’agressivité qui émane d’elle.

 

Les personnes « passives – agressives » peuvent parfois montrer des formes d’agressivité visibles avec des personnes dont elles savent qu’elles n’ont rien à craindre.

 

Elles présentent un déficit d’empathie, de culpabilité et ne semblent pas capable de se remettre en cause. Dans les cas les plus difficiles, elles peuvent aller jusqu’à mentir ou présenter des comportements malhonnêtes.

 

Elles génèrent de l’agressivité, de la frustration et un sentiment d’impuissance chez ceux qui doivent les côtoyer. Quand une personne « passive – agressive » dit oui, elle ne produit rien derrière et devient un frein dans les projets. Son comportement est souvent associé avec une apparence sereine, calme, voire sympathique et, de loin, on ne peut se douter de ses capacités d’obstruction ou de persécution.

 

Les origines de ce comportement varient, mais contrairement à ce que laisse montrer les personnes « passives – agressives », le manque de confiance en soi est un facteur important son émergence et son développement. Les conséquences immédiates portent sur le temps mit pour réaliser une action. Si l’individu ne sait pas comment mener à bien une tâche, il pourra la mettre en suspens pour une durée indéterminée. La notion de temps devient difficile à appréhender pour ces personnes et la crainte de ne pas réussir peut amener des tendances à l’obsession des détails et à ne pas pouvoir mettre un terme à la réalisation d’une action.

 

Le quotidien

La gestion d’une relation avec ce type de personne est difficile, mais pour y parvenir il faut demeurer factuel en permanence. Si les sentiments prennent le dessus, la situation va devenir délicate à gérer.

 

Les paroles s’envolent … En tant que collègue ou manager, il est impératif de conserver des traces écrites des échanges afin d’éviter toute manipulation et empêcher une personne « passive – agressive » de se poser en victime.

 

Les personnes « passives – agressives » détiennent un pouvoir de nuisance sur les autres par la manipulation, le fait de limiter les interactions entre les membres d’une équipe et elles peut réduire leurs influences.

 

En tant que manager, le fait de suivre de près le comportement de ces personnes permet d’anticiper ou de condamner / sanctionner les écarts de conduite, toujours en demeurant factuel.

 

Dès que vous avez un doute sur la véracité des éléments qu’une personne « passive – agressive » vous donne, vérifiez sur le terrain ce qu’il en est. Plus ce type de personne saura que vous n’êtes pas dupe et que des conséquences fâcheuses peuvent survenir à leur encontre, plus il sera contraint de prendre garde.

 

Une fois que les personnes « passives – agressives » sont identifiées, les contre-mesures visant à les « isoler » et à réduire leurs influences doivent être prises rapidement. Travailler avec ces personnes peut épuiser les collaborateurs, les conduire à la dépression, voire au burn out.

Sous-estimer leurs capacités de manipulation est une erreur, car une de leurs compétences est de pouvoir renverser l’agressivité sur d’autres personnes et ainsi les amener à être perçues par leurs collègues comme étant des « bourreaux ». Les  personnes « passives – agressives » peuvent agir de façon sournoise, ce n’est pas parce qu’on ne voit rien que leurs manipulations n’existent pas.

 

En tant que manager ou collègue étant confronté à ces personnes, vous devez demeurer vigilants et factuels et ne pas minimiser les difficultés qu’elles peuvent engendrer dans une organisation.


 

 

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