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Mégalo
13/03/2015

Ressources Humaines : Travailler avec des personnes difficiles - Les Mégalomanes !

Dans notre vie professionnelle, nous sommes tous amenés à croiser, de près ou de loin, des personnes ayant des comportements anxiogènes susceptibles de provoquer de la souffrance, des conflits, voire de graves troubles dans les organisations.

L’usage veut qu’on essaie de ranger ces personnes dans des catégories afin de les caractériser et de tenter de les « gérer ».

Ainsi, il n’est pas rare d’entendre des psychologues amateurs affubler certaines personnes d’attributs compliqués tels que Manipulateur, Pervers, Hystérique, Mégalomane, Dépendant, ..., sans maîtriser ni leur sens ni leurs implications.

Si ces profils difficiles existent réellement, il n’en demeure pas moins qu’ils sont peu nombreux et que la probabilité de devoir travailler avec une personne schizophrène est très faible.

Parvenir à identifier le type de personnalité d’un individu sans tomber dans la caricature est délicat. Il est nécessaire de s’appuyer sur des spécialistes afin de réaliser des diagnostics fiables.

Il arrive toutefois que certaines personnes présentent des comportements extrêmement prononcés et révélateurs à un instant donné. Les contextes évoluent et les personnes avec eux : il s’agit donc d’analyser dynamiquement chaque situation.

 

 

-          Les Mégalomanes –

On parle ici de personnes qui présentent un état psychopathologique tendant à la surestimation de soi, ainsi que de leurs capacités intellectuelles ou physiques (qu’elles jugent extraordinaires).

Les origines de la mégalomanie proviennent souvent d’un trouble de la personnalité narcissique. Elle peut être renforcée par d’autres pathologies telles que la schizophrénie ou la paranoïa.

A l’extrême, certains mégalomanes entendent des voix qui leur disent comment se comporter. Ils peuvent avoir des hallucinations, croire qu’ils possèdent des pouvoirs surnaturels et être tout puissant.

Les mégalomanes estiment ne pas avoir de limites et en cela considèrent la réalité comme un terrain d’expression et non comme un « espace » susceptible de les freiner. Les contraintes induites par la réalité sont des détails sans importance qu’il est inutile d’étudier ou de prendre en considération.

Les mégalomanes débordent d’énergie, savent communiquer et souvent se rendre attachant aux yeux de leur entourage, de leurs collègues ou d’un public inconnu. Leur capacité de séduction est importante et leur permet de briller en société. Certaines personnes peuvent « succomber » au charme ou au charisme d’un mégalomane et ne pas percevoir le manque de fond de son discours. Les décisions prises à la suite peuvent s’avérer mauvaises, voire désastreuses.

Les mégalomanes sont maîtres dans l’art de communiquer de l’optimisme et parviennent ainsi à recueillir l’attention et l’adhésion de leurs collègues. Ils peuvent gravir les échelons de l’entreprise en apparaissant comme des leaders naturels.

Le succès pérennise leur mode opératoire : « Si le projet a abouti c’est grâce à moi ! Je vous l’avais bien dit ! Encore une grande victoire ! Qui c’est l’meilleur ??!! ». Aux yeux de ses collègues, tant que le mégalomane est dans une dynamique de succès, c’est qu’il a raison de se comporter de la sorte et ainsi son mode opératoire et sa place dans l’organisation sont validés. Même s’il arrive que le mégalomane agace, énerve ou qu’on lui fasse des reproches sur son caractère exagérateur, tant que les résultats sont au rendez-vous il n’a pas à craindre pour son poste.

La « machine extraordinaire » se grippe avec les échecs. Ces derniers sont souvent considérés comme des détails au début et les reproches rejaillissent régulièrement sur les autres membres de l’équipe qui n’ont pas su se mettre au niveau.

Ce schéma de reproches à destination des autres permet aux mégalomanes de se désolidariser des échecs et de s’en dédouaner.

La mythomanie est la base de son fonctionnement et plus la réalité devient difficile à appréhender plus le mégalomane va s’enfermer dans une bulle qui l’empêchera de regarder et de comprendre ses limites. Plus le temps passe, plus le mégalomane est la victime de son mode de fonctionnement ; il apparaitra dès lors comme un rêveur incorrigible.

Les mégalomanes réduisent le monde à quelques principes simplistes, reléguant les sceptiques et les prudents au rang de freins ou de boulets dans les entreprises ou dans les équipes. Plus un mensonge est gros, plus il passe. L’enthousiasme des mégalomanes balaie les objections et l’illusion tient jusqu’au premier échec qui va générer le doute. Et de doutes en doutes, les mégalomanes auront épuisé leurs ressources de séduction, de faux fuyants et de reproches dirigés contre leurs collègues, managers ou actionnaires.

Heureusement, les mégalomanes sont souvent rapidement démasqués dans les entreprises et leurs effets minimisés. Toutefois, certains dirigeants qui ont fait illusion se sont vus offrir des pouvoirs qui leur ont permis de devenir intouchables. C’est ici que les mégalomanes représentent le plus grand danger pour les entreprises, car l’issue peut être la faillite.

Les mégalomanes sont souvent intelligents et savent manipuler leur entourage en analysant les attentes de chacun et en flattant famille, amis, collègues, managers, actionnaires, …

Assez facilement identifiables dans les fonctions réclamant des résultats visibles rapidement, les mégalomanes peuvent profiter de contexte de grandes structures ou les temps de latence sur les prises de décisions sont longs. Les grandes entreprises leur donnent des champs d’action de rêve pour leurs capacités de manipulation et de « rayonnement » en détournant les succès de la structure à leur profit.

 

" Quand ça marche, c’est grâce à mon IMMENSE TALENT. Quand ça plante, c’est de votre faute !"

 

Un des dangers induits par le comportement des mégalomanes tient à leur capacité à prendre des initiatives. Leur faculté à faire abstraction de la réalité peut les conduire à se lancer dans des projets dispendieux, voire « pharaoniques ».

Dans l’entreprise, les mégalomanes peuvent générer frictions et affrontements par leur comportement excessif, par les mises au défis permanentes de leurs collègues et subordonnés, et leur capacité à rejeter les fautes sur autrui.

Si un mégalomane parvient à redresser une situation délicate, il se présentera comme un sauveur et se propulsera sur le devant de la scène comme la seule personne réellement compétente dans l’entreprise.

Le mégalomane aura souvent un avis tranché sur tout et considérera que c’est le seul valable. Dès lors les échanges pourront tourner court avec ses collègues.

Les mégalomanes ne laissent personne indifférent : on adore ou on déteste (voire on adore détester).

Il est difficile de gérer un mégalomane : donner des limites à quelqu’un qui considère ne pas en avoir est compliqué. Il s’agit plus de limiter le pouvoir de nuisance, la prise d’initiative et d’utiliser le pouvoir créatif du mégalomane. Le fait de rêver peut avoir un intérêt pour une entreprise.


 

 

 

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