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27/11/2014

Recrutement Cadres : Série sur les erreurs des candidats en entretien d’embauche – N°4 comportements et attitudes

Le processus de recrutement comprend de nombreuses phases et les entretiens en face à face y tiennent une large part. Si un candidat est reçu en entretien, c’est qu’a priori son CV a été suffisamment convaincant et a permis d’obtenir un « précieux » rendez-vous.

 

« Précieux », car c’est lors de l’entretien que tout se joue. En effet, c’est l’occasion de démontrer ses compétences, ainsi que ses motivations et dans le même temps, de recevoir un maximum d’informations sur l’entreprise, son organisation et ses perspectives.

 

Dès lors, dans la majeure partie des cas, les entretiens de recrutement s’établissent sur une relation équilibrée ou chacun, du cadre et de l’entreprise, écoute et délivre des informations.

 

Il arrive parfois que certains candidats oublient que les entretiens de recrutement servent aux entreprises à valider si une personne s’intégrera facilement dans son organisation (compétences et savoir-être).

 

Le savoir-être est aussi important que le champ de compétences et pourtant les recruteurs se retrouvent parfois confrontés à des profils dont les attitudes et comportements ont pour conséquence, de « s’auto – éliminer » du processus de recrutement.

 

Les agressifs

Heureusement ces profils sont rares, mais les recruteurs doivent composer avec des personnes incapables de gérer leurs émotions, et ce, sans raison particulière.

Olivier, un recruteur du secteur IT, y a été confronté : « Un soir, j’ai reçu un chef de projets SI ; je l’accueille, le salue et l’invite à s’installer dans notre salle de réunion. Il desserre à peine la mâchoire pour me dire bonsoir, jette ses affaires sur un fauteuil, puis se tourne vers moi et avant même de s’asseoir me demande si j’ai vraiment un poste à lui proposer. Bien évidemment, je lui réponds que oui et que nous ne faisons pas déplacer des candidats pour rien. Il me répond : « C’est vous qui le dites ». Je garde mon calme et lui répond que oui, c’est moi qui lui dit et que je pratique comme ça depuis toujours. Il s’assoit enfin, croise les bras et me lance « alors ?! C’est quoi le poste ? ». Je lui demande pourquoi il est aussi tendu et agressif et il me répond qu’il a eu des expériences malheureuses avec d’autres sociétés.

Effectivement, tous les recruteurs ne sont pas des professionnels et certains ont peu de respect pour autrui, toutefois, ce type de comportement est inadmissible. Si une personne n’est pas capable de faire la part des choses et range tous les professionnels RH dans le même panier, je ne vois pourquoi elle vient encore en entretien.

Pour la petite histoire, le candidat a fini par se détendre et nous avons pu échanger plus sereinement. Mais, j’avoue avoir été à deux doigts de raccompagner ce candidat à la sortie. Les recruteurs sont aussi des êtres humains. »

Bilan : La première impression est restée et le chef de projet n’a pas été recruté.

 

Les orgueilleux

Yasmine, recruteuse dans l’industrie nous racontait qu’un jour elle a été agressé verbalement par un candidat, car il ne supportait pas de devoir attendre 5 minutes que la Directrice des Ressources Humaines viennent en entretien. Yasmine avait pour mission de présenter le contexte de l’entreprise, et à aucun moment il n’était question de faire patienter le candidat indéfiniment et sans s’occuper de lui. En fait, une fois que la DRH est arrivée, le candidat est devenu très souriant et affable, un autre homme.

La DRH lui a fait remarquer que Yasmine était sa collaboratrice directe et que ce n’était pas un manque de respect le concernant que d’être reçue par elle.

Bilan : l’entretien a été écourté et le candidat n’a pas été recruté. Si une personne ne respecte pas les premières personnes qu’elle rencontre, on peut craindre que cela continuera une fois intégrée dans les effectifs.

 

Les blasés

Un des éléments que les recruteurs et les opérationnels souhaitent valider dans un entretien, c’est la motivation du candidat pour une fonction, une technologie, un secteur d’activité ou une société. Dès lors, les profils « blasés » transmettent uniquement un détachement qui fait penser que rien ne peut les satisfaire.

Laurent, responsable infrastructure et production a été confronté à ce type de profil dans le cadre d’un recrutement d’un ingénieur de production : « Le candidat est resté en retrait pendant la présentation de l’entreprise et du poste. Lorsqu’il s’est présenté à son tour, le candidat avait un ton monocorde et on sentait que son métier l’ennuyait. A la fin, il m’a dit que son boulot était le même partout, que se soit dans une SSII ou chez un client final. Je lui ai demandé ce qui lui redonnerai une motivation et il m’a répondu qu’il ne savait pas, il n’y avait pas réfléchi. La production est un métier répétitif, mais on peut y être créatif, tant d’un point de vue technique que méthodologique. Le côté blasé du candidat m’a ennuyé et je ne l’ai pas recruté ».

Bilan : à compétences égales, les recruteurs privilégieront des personnes qui sauront montrer de l’intérêt pour ce qu’elles font.

 

Les professeurs

Un entretien de recrutement est un moment d’échange d’informations. Certains candidats confondent cette étape où l’on doit présenter ses compétences avec un concours pour avoir le dernier mot. Les profils de ce type présentent à la fois un déficit d’écoute active et une propension à vouloir avoir le dernier mot.

Sophie, DRH dans une société de télécoms, a rencontré ce profil : « Le candidat que j’ai reçu s’est lancé dans un monologue et il faisait les questions et les réponses. Partant du principe, en plus, que puisque je suis une femme, je ne comprends rien à la technique. J’ai adoré. Nous recherchons des personnes capables d’analyser les besoins de clients grands comptes, donc il est impératif de savoir écouter et de ne pas prendre nos interlocuteurs d’emblée pour des imbéciles. Je ne l’ai pas recruté».

Bilan : un candidat qui ne laisse pas de place à l’échange et qui considère ses interlocuteurs comme incompétents a priori, démontre son incapacité à communiquer. 

 

Ces cas sont extrêmes, mais pas rares. On peut parfois reprocher aux recruteurs d’avoir également des attitudes ou des comportements « délicats ». Toutefois, dans le cas des recrutements chez des clients finaux, les premières personnes rencontrées par les candidats sont les recruteurs internes. La base d’un entretien est de s’assurer que le contexte de l’entreprise conviendra au candidat et que celui-ci lui apportera des compétences métiers et comportementales dont elle a besoin.

Dès lors, les personnes du recrutement que les candidats rencontrent sont potentiellement de futurs collègues. Apparaitre agressif, orgueilleux, blasé, ou monsieur ou madame je sais tout, est souvent un signe de manque d’éducation ou de maturité.

L’attitude en entretien de recrutement renseigne sur les comportements futurs d’une personne. Le savoir-être est aussi important que les compétences techniques ou fonctionnelles. L’oublier, c’est un moyen simple de passer à côté d’une opportunité.    


 

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