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Licencié
19/09/2014

Edito : PSE et PDV, pour les salariés concernés : Gare à la chute !

Nombreux sont les salariés en errance professionnelle à la suite d'un plan social. Loin d'être un épiphénomène, cette situation s'accroit à mesure que les plans sociaux se succèdent pour sauver ce qui peut encore l'être. Pourtant en anticipant et en mettant en garde les salariés bien avant l'échéance du licenciement, il serait possible de limiter la casse.

Un contexte économique et financier défavorable.

Il ne s’agit pas de faire le procès des entreprises. Depuis 5 ans, elles subissent de plein fouet les effets de crises répétées et n’entrevoient pas d’embellies, et ce, même à moyen terme.

Conséquence immédiate : dès lors que le chiffre d’affaire baisse, voire s’effondre, les contractions des effectifs apparaissent inévitables et les salariés se retrouvent projetés dans le tourbillon de la précarité et de l’errance professionnelle.

 

Les « remèdes » pires que le mal ?

Dès lors que l’effectif d’une entreprise est d’au moins 50 salariés, il est obligatoire de mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Pour les grands groupes, les ajustements d’effectifs sont généralement précédés de plans de départs volontaires (PDV) qui sont souvent accompagnés d’enveloppes visant à susciter des vocations au départ.

Ces processus d’ajustement sont bien souvent nécessaires pour permettre aux entreprises de retrouver assez d’oxygène pour continuer tout bonnement à exister. Toutefois, les services d’accompagnement qui sont liés aux PSE et PDV sont la plupart du temps inefficaces, voire totalement contre-productif.

 

Les origines du mal.

Il est logique et légitime de se préoccuper en priorité de savoir combien d’argent on va pouvoir récupérer en quittant son entreprise et quel sera le niveau d’allocation chômage auquel on aura droit. Mais, les efforts visant à retrouver un emploi sont la plupart du temps bâclés et réalisés dans le mauvais timing. C'est quand on est encore en poste qu'il faut bâtir son plan pour retrouver un emploi :

  • Faire un bilan de ses acquis professionnels
  • Etablir un projet professionnel
  • Renforcer ses compétences par le biais de formations, de certifications ou d’une reprise de ses études sur un cycle long
  • Analyser les demandes du marché et valider si son positionnement en termes de compétences est correct ou non
  • Analyser les salaires proposés, est on bien dans la cible?
  • Refaire son CV en accord avec le marché
  • Développer son réseau professionnel
  • (Ré)-Apprendre à communiquer et à s’adapter aux outils et méthodes digitales
  • Apprendre à se « vendre efficacement »
  • Ne pas hésiter à recherche du soutien ou un accompagnement dédié, afin d'éviter de se retrouver handicapé face au marché de l'emploi

Le manque d'anticipation et l'impréparation le conduisent régulièrement à des mois, voire des années de galère en étant au chômage.

Quel que soit le secteur d'actvité, quand on cherche un nouveau poste et que l'on ne sait pas quoi faire, il est impératif de se tourner vers des spécialistes, pas des généralistes. Car seuls ceux qui connaissent à fond un secteur d'activité, son fonctionnement, son éco-système et son évolution, sont à mêmes de conseiller efficacement sur les options de carrière qui correspondent à la réalité du marché.

Attendre d'un cabinet rh généraliste qu'il oriente efficacement quelqu'un sur les carrières d'avenir, tient de la loterie ou de la boule de cristal.

 

Des croyances durables et infondées.

Les personnes les moins préparées à affronter les dures réalités d’un marché de l’emploi exsangue, sont celles qui sont restées le plus longtemps dans leur entreprise. Victimes de leur « loyauté » ou de leur attachement à une société, elles passent d’un environnement connu depuis 10 ans, 15 ans ou plus, à un véritable enfer dont elles ne connaissent par les règles et ne mesurent pas les difficultés auxquelles elles vont faire face.

 

Parmi les croyances tenaces, voici celles qui conduisent le plus souvent à mettre plus d’un an à retrouver un emploi, et au pire à ne pas y parvenir :

- « Avec mes compétences, je n’aurai aucun mal à retrouver un boulot ! »

Le taux de chômage en France est de 10% de la population active. Dans le secteur informatique (informatique, télécoms, multimédia), il est à près de 13% ; supérieur à la moyenne nationale.

Le secteur informatique regorge de profils possédant des compétences comparables. Les postes ouverts dans ce domaine sont principalement dédiés à des profils de spécialistes.

L’afflux massif depuis 2 ans de personnes au chômage issues du secteur télécoms et informatiques a rendu le caractère « rare » de l’informaticien révolu. Seuls sont concernés un petit nombre de spécialistes.

 

 

- « J’ai le temps. Je vais profiter de mon enveloppe et je commencerai à chercher dans 6 mois ! »

A ceux qui croient que le marché va les attendre, il apparait que ce n’est pas le cas ! Le timing est fondamental pour trouver un emploi. Il est normal de faire le point et de réfléchir à son projet professionnel, mais en France les entreprises préfèrent recruter une personne qui est en poste plutôt qu’une personne au chômage.

Le seul avantage d’un chômeur par rapport à une personne en poste, à compétences équivalentes, c’est sa disponibilité immédiate. Cet avantage disparait au fur et à mesure que la période de chômage se prolonge. Au bout d’un an de chômage, les entreprises considèrent le candidat potentiel avec scepticisme, puis de la méfiance : « Pourquoi ce candidat n’a-t-il pas retrouvé un emploi, depuis tout ce temps ? Cela cache t-il quelque chose ?».

La concurrence face à l’emploi n’a jamais été aussi forte. Pour certains postes ouverts au recrutement, il n’est pas rare d’avoir plusieurs centaines de candidatures, dont la plupart sont pertinentes au regard des attentes de l’entreprise. Google reçoit plus d’un million de CV par an. Pas beaucoup pour certains, déjà pas mal pour d’autres qui aimeraient bien y être embauché.

 

 

- « Je ne ferai pas de concessions sur ma rémunération, j’ai bossé suffisamment dur pour y parvenir ! »

Depuis 3 ans, nous constatons une stagnation des salaires pour les profils « classiques », tels que les chefs de projets, les directeurs de projets, … et une contraction des rémuérations pour les profils de managers, responsable des études, directeur informatique, …

Les entreprises maintiennent la pression sur les masses salariales et cela ne changera pas tant que les marges ne seront pas de retour.

De plus, les entreprises augmenteront les salaires de personnes qu’elles connaissent et qu’elles souhaitent conserver. Les nouveaux venus devront faire « leurs preuves » avant de pouvoir espérer une revalorisation. Les postes ouverts étant peu nombreux, les nouveaux embauchés sont soumis à une pression extrêmement élevée lors de leur période d’essai. Les entreprises ne veulent pas faire d'erreur de casting, elles ont mis en place des processus de recrutement plus long, plus complexes et beaucoup plus exigeants.

 

 

- « Me former à un autre domaine ? Pourquoi faire ? »

Pour ceux qui ont travaillé dans la même entreprise pendant 10 ans et plus, il peut arriver que leurs compétences soient en décalage avec les besoins des sociétés qui recrutent. Maintenir son employabilité est fondamentale, et si pour cela il faut passer par une remise à niveau des compétences, il n’y a pas d’interrogation à se poser : il faut le faire.

 

 

- « J’ai travaillé pour le groupe XYZ, cela parle pour moi, plus qu’un long discours ! »

L’égo surdimensionné, l’esprit « de ruche » cultivés comme une philosophie d’entreprise et propre à certaines sociétés conduisent immanquablement à un déphasage avec la réalité.

Faire son deuil de son ancienne société est souvent délicat et prend du temps, mais cela devient encore plus difficile pour ceux qui ont développé un « amour » prononcé pour le pouvoir qu’ils ont détenu et exercé et dont ils seront dépossédés à l’issue du plan social. Paradoxalement, ces managers qui ont confondu leur fonction avec un état durable ou une réalité immuable, sont ceux qui peinent le plus à retrouver un emploi.

L’humilité est mot simple difficile à s’appliquer quand on n’en a pas fait son socle de vie auparavant.

 

 

Prendre sa vie professionnelle en main et ne pas attendre qu’on le fasse pour vous !

Le monde change, et chacun d’entre nous doit faire face à ses évolutions, voire ses ruptures, qui nous remettent en cause.

Le confort de vivre dans un environnement connu pendant des années peut nous être retiré sans ménagement, et ce, que l’on soit dans une petite entreprise ou dans un groupe d’envergure internationale.

Nous constatons régulièrement que des personnes qui ont vécu des PSE/PDV sont encore en recherche d’emplois 18 à 24 mois après la fin de leur dernier emploi. C’est une situation génératrice de souffrances qui la plupart du temps pourrait être mieux gérée, si elle était prise à temps et avec vigueur.

Les accompagnements réalisés auprès des populations visées par les plans sociaux ne peuvent résoudre à eux seuls les problématiques de retour à l’emploi de milliers de nouveaux chômeurs.

La solution ? Se préparer à lutter, garder l’esprit ouvert, rencontrer des personnes et apprendre de nouveaux domaines, de nouveaux métiers.

Si prochainement, vous faites partie des personnes concernées par un PSE/PDV, n’attendez pas pour agir. Faites le point sur votre situation et lancez-vous dans la recherche d’une nouvelle opportunité ou d’un nouveau projet (création d’entreprise, reconversion, formation) avec énergie.

Si pour certains un plan social est le début de la fin, il convient plutôt d’entrevoir cela comme le commencement d’une nouvelle vie professionnelle. Elle peut être plus riche, sans doute moins confortable, mais pour ceux qui n’ont pas cessé de croire que demain pouvait être meilleur qu’hier ou aujourd’hui, l’espoir et une bonne dose d’efforts les conduiront à traverser cette crise efficacement.