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Edito
13/12/2013

Edito du 13 décembre : Génération Y, et si au lieu de les tacler on les écoutait ?

Grand classique de la critique systématique depuis plus de 5 ans, la critique du jeune affublé de la lettre Y s’est répandue dans tous les cercles de l’entreprise.

Pour rappel, la « fameuse » génération Y correspond aux personnes nées entre la fin des années 1970 et le début des années 2000. Il n’y a pas de consensus autour d’une période plus précise.

Les jeunes issus de cette génération sont également appelés « Digital Natives »  et sont (re)connus pour leurs appétits pour internet, les réseaux sociaux, les jeux vidéo et tous les objets connectés.

Au-delà de la frustration qu’ils génèrent chez les plus anciens dans leur compréhension et leur facilité d’utilisation des outils et applications informatiques de dernière génération, de mauvaises langues leur prêtent des défauts tels et si grands que l’on se demande encore comment ils peuvent simplement s’intégrer dans la société.

Pèle mêle on associe les Y avec des traits de caractère négatifs :

  • Manque d’engagement
  • Rebutés par l’effort
  • Zappeurs professionnels
  • Dispersés
  • Individualistes

 

Pourtant, depuis quelques années et avec les retours d’expérience, on s’aperçoit que les Y ne sont pas si différents de leurs ainés dans leurs rapports au travail, pour peu que l’on apprenne à les manager et qu’on écoute ce qu’ils ont à dire.

Si leurs remarques font parfois mal et sont difficiles à entendre, c’est peut être qu’il y a un fond de vérité. Sinon, on n’y prêterait pas attention.

Que peuvent apporter les Y à l’entreprise ?

  • Un rapport au travail décomplexé
  • Une remise en cause des dogmes
  • Une remise à plat des hiérarchies et des rapports entre collègues / collaborateurs
  • Une ouverture d’esprit liée à une vision a priori et en phase avec leur époque ( ce qui n’est pas propre aux Y, mais bien à toute nouvelle génération arrivant sur le marché du travail)
  • La capacité à oser

 

L’opposition entre les générations a toujours été stérile. Une expérience menée par Orange est particulièrement intéressante à cet égard. En effet, le COMEX d’Orange est parti du constat que les dirigeants (générations X  et W) avaient des lacunes en matière de communication. Chaque membre du COMEX travaille désormais avec un jeune qui doit l’accompagner dans une meilleure compréhension des nouveaux usages et codes de notre époque (réseaux sociaux, modes de relations, technologies numériques).

Le paradoxe tient au fait que les jeunes forment les plus anciens et permettent ainsi aux dirigeants de mieux saisir les mutations de la société (civile) et des conséquences dans l’univers de l’entreprise.

Cette expérience est intéressante par la prise de conscience de la Direction d’un groupe majeur du secteur des télécommunications qu’il est nécessaire de transformer l’entreprise en profondeur. Accompagner le changement plutôt que de le subir est  un élément crucial de réussite d’une transition délicate, mais inéluctable des sociétés. Les dirigeants donnent l’exemple de la remise en question et prouvent que l’ouverture d’esprit demeure la base du développement de toute société.

Savoir reconnaitre ses limites, accepter de ne pas tout savoir, demander à être accompagner par ceux qui « savent » indépendamment de la position hiérarchique, c’est également un acte fort de management. La remise en cause est le premier pas vers l’adaptation à tout nouvel environnement.

L’exemple d’Orange est hautement symbolique.

Plutôt que d’opposer les salariés entre eux, sur la base d’éléments qui ressortent davantage des préjugés que d’une réalité quotidienne, l’intégration et le partage des compétences et éléments différenciant des collaborateurs sera toujours plus efficace et profitable que la stigmatisation et les mauvais jugements a priori. De la différence de points de vue nait la créativité et la richesse que peut apporter le capital humain de l’entreprise.

Les plus jeunes sont en phase avec leur époque, c’est une force. Les entreprises gagneront à s’en nourrir. En échangeant entre générations, on améliorera la vision que chacune d’entre elle a des autres et ainsi trouver des points communs et de rapprochement. Les Y et les X pourront ainsi partager leurs visions respectives et faire chacun un pas vers l’autre pour se comprendre.


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