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Edito
21/09/2015

Edito : CV sur une page, mini-CV, pitch, CV vidéo, …, les fausses bonnes idées en recrutement

Dans le cadre d’une recherche d’emploi, l’angoisse de faire une erreur qui ferait rater une opportunité de poste intéressante s’insinue en chacun de nous.

Des gourous du recrutement, auto-proclamés, ont édicté des « normes » et agitent des « outils » tels que le CV sur une page ou la production d’un pitch (présentation succincte de quelques minutes), comme autant de moyens de parvenir à être repéré et entendu.

Repéré et entendu par qui ? D’autres gourous ?

On ne remplace pas une démarche de fond de recherche d’emploi par des artifices et des raccourcis.

En effet, dans le secteur informatique le recours à un CV sur une page n’a pas de sens. Les opérationnels qui recrutent veulent au contraire connaitre les compétences et le savoir-être d’un candidat. La tendance de fond du recrutement est de rechercher un maximum d’informations sur un profil :

-          CV / Fiches profils sur les réseaux sociaux

-          Production d’articles

-          Participation / Animation de forums ou de communautés

-          Participation / Animation de séminaires / Webinar / Salons

-          Présentation sur YouTube ou DailyMotion

Le temps du CV sur une page est révolu. Les chargés de recherche qui travaillent dans les équipes de recrutement, s’attachent à repérer les compétences et les expériences en lien avec les postes ouverts dans leur entreprise. Il n’existe pas d’implicite dans un CV, si une compétence n’est pas présentée sur un CV, il y a fort à parier que les chargés de recherche ne la déduiront pas.

 

Un mini-CV n’a que très peu d’intérêt. Hormis dans un contexte de speed networking, et encore. Il est préférable d’adresser un CV complet aux recruteurs avant l’entretien en speed networking et concentrer les efforts sur la présentation à l’oral dans les 5 minutes imparties des compétences principales et du projet professionnel.

La plupart du temps le contenu du mini-CV est sans intérêt. C’est une perte de temps. Si un recruteur est intéressé par un candidat, il est presque sûr qu’il lui demandera un CV complet à l’issue.

De plus, d’un point de vue écologique imprimer des mini-CV est n’est pas un geste très intelligent. Seulement, tous les recruteurs ne disposent pas de tablettes tactiles ou de portables le jour du speed networking.

 

Dans un registre similaire, le fameux « pitch » (une forme de présentation orale ultra-synthétique) ne s’utilise efficacement que dans un cadre de speed networking ou de salon. L’objectif est de capter l’attention et l’intérêt d’un recruteur afin d’obtenir un entretien de recrutement officiel et formel.

Dans ce type de contexte, les chasseurs de têtes et les recruteurs des entreprises sont ouverts à ce type de présentation. Par contre, lors des entretiens de recrutement classiques, le pitch n’a pas de sens. L’exemple d’un DSI qui s’était contenté de réviser son discours de 3 minutes et ensuite n’avait plus rien à dire est assez frappant. Loin d’être une exception, cette pratique se transmet dans des groupes de travail de personnes en recherche d’emploi.

Un recruteur qui participe à speed networking entend des dizaines de fois le même type de présentation succincte. Le risque pour un candidat est de considérer le pitch comme un outil essentiel et central dans sa présentation.

Sorti de son contexte, c’est-à-dire en dehors d’un speed networking, le pitch ne peut être utilisé comme introduction passe-partout. Chaque présentation de parcours doit être adaptée au contexte de l’entreprise auprès de laquelle vous postulez. Dans le cas contraire, les recruteurs y verront un manque de spontanéité et une incapacité à s’adapter à une nouvelle situation.

 

L’effort d’un candidat devrait porter davantage sur une présentation structurée et illustrée par des exemples, destinée à être tout à fait prêt lors des entretiens classiques en face à face avec des recruteurs.

Trop nombreux sont encore les candidats qui échouent à faire une synthèse pertinente de leur parcours.

Paradoxalement, ce sont généralement les personnes qui disposent de la plus grande expérience et qui sont restées dans les effectifs de leur entreprise le plus longtemps qui sont les plus démunies face aux entretiens.

Se préparer à faire face à des personnes qui vont décortiquer votre parcours, n’est pas agréable, mais hélas indispensable. La plupart des candidats investissent 95% de leur énergie dans la rédaction de leur CV et de leurs fiches profils sur Viadeo ou Linkedin et le peu de temps qui reste à leur présentation orale et au réseautage.

Si vous souhaitez présenter votre parcours à quelqu’un qui pourrait vous recruter, il faut d’abord pouvoir accéder à cette personne. C’est là que les efforts doivent être consentis. Et c’est là que c’est le plus difficile.

 

Le CV vidéo est séduisant, mais il est peu pratique dans le secteur informatique. Le format vidéo d’une présentation de quelques minutes convient à une présentation générique, mais elle s’avère souvent déphasée avec une démarche d’emploi. En effet, les entreprises ont des besoins spécifiques et elles recherchent des personnes qui répondent le plus précisément à leurs souhaits. Une présentation générique risque de ne pas faire passer le bon message.

Le champ d’application est également difficile à trouver en informatique. Il est possible de montrer des tutoriaux sur des thèmes technologiques par exemple, via un site dédié ou via des plate-formes web video. Le public de recruteurs (internes et externes) qui se sert de ces outils est plus restreint à l’heure actuelle.

L’usage de la vidéo servira auprès de start-up ou pourra être utilisé en support d’une présentation classique dans des sociétés plus « classiques ».

Cet outil est intéressant, mais demande une exigence de qualité très importante. La vidéo peut desservir son utilisateur si sa présentation fait amateur. Le résultat peut s’avérer contre-productif et par effet viral, avoir des conséquences plus larges dans une démarche de recherche d’emploi.

 

Le CV sur une page renvoie à une conception datée et dépassée du recrutement. Si demain le CV disparait, son remplacement sera assuré par des profils sur les réseaux sociaux, complets et enrichis régulièrement. Les contenus associés à une même personne seront analysés par les recruteurs pour donner une vision large et de plus prédictive de son potentiel et de son comportement.

 

Le mini-CV est une perte de temps. Le pitch est un gadget plus qu’un vrai outil de communication. Le speed networking est intéressant pour prendre des contacts et aller plus loin lors d’entretiens formels. Mais, l’usage des mini-CV et des pitch ne cadrent pas avec une démarche de fond. Baser ses actions dessus en pensant que ce sera efficace conduit à l’échec. L’objectif à viser est de rencontrer des recruteurs pour parler de ses compétences et de son projet professionnel afin d’obtenir un job intéressant. Il s’agit de mettre son énergie sur des actions de fond et pas de perdre son temps avec des « outils » inefficaces.

Le CV vidéo ou l’usage de plate-formes web video demandent un gros investissement en temps et impose un niveau de qualité élevé. Avant de se lancer, il est nécessaire de bien définir l’objectif visé et si c’est une démarche de court ou de moyen terme.

 

En conclusion, faites simple et investissez du temps et de l’énergie sur :

-          la définition de votre projet professionnel

-          le développement et l’animation de votre réseau professionnel

-          l’entrainement au passage d’entretiens de recrutement

-          la sélection d’opportunités qui valorisent votre employabilité