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04/09/2014

Edito : 51% des cadres consultent leurs mails professionnels dans leur lit !

Une étude menée par l’éditeur de logiciel Roambi confirme que la frontière entre vie professionnelle et vie privée a tout simplement volé en éclat.

Régulièrement les jeunes et les adolescents sont stigmatisés pour leur consommation « abusive » d’internet et de smartphones. Leurs parents devraient déjà se regarder dans un miroir, car ils donnent l’exemple en termes d’usage intensif des moyens de communication.

En effet, les chiffres de cette étude sont éloquents :

- 89% des cadres consultent leurs mails plusieurs fois par jour en dehors du bureau

- 93% des cadres consultent leurs mails pendant leurs congés

- 82% des cadres consultant leurs mails dans leur voiture

Et cerise sur le gâteau, 51% des cadres consultent leurs mails professionnels lorsqu’ils sont au lit !

 

Le paradoxe de ces accrocs aux TICS provient du fait qu’ils ne peuvent plus s’en passer et qu’ils se plaignent du surcroit de travail et de stress que cela engendre.

La technologie a créé l’illusion d’une plus grande liberté en offrant un accès permanent aux informations et à la capacité de réagir immédiatement. Cette nouvelle capacité s’est peu à peu imposée comme une aptitude, puis en une compétence impérative à posséder et à entretenir. Un permis de travail permanent a été délivré à tous ceux qui en avaient les moyens financiers. La démocratisation des smartphones et autres tablettes ont favorisé la prolifération du « virus » technophile à l’échelle mondiale.

Des pathologies de manque sont apparues chez de nombreux cadres dès lors qu’une connexion à haut débit était indisponible. Le passage à la 4G n’arrangera pas ce phénomène.

Au début les entreprises y ont vu un intérêt particulier : les collaborateurs étaient disponibles comme jamais auparavant. Rares sont les cadres qui refusent de communiquer dès lors qu’ils sont chez eux. De plus, la période de crise a renforcé l’angoisse de la perte d’emploi et amplifié la « nécessité » supposée d’être disponible, et ce, même à la maison, le soir, le week end ou pendant ses congés.

D’un phénomène épisodique et isolé, nous sommes désormais passés à une situation où la vie professionnelle prend de plus en plus le pas sur la vie privée. Les impératifs professionnels priment sur la famille, les loisirs et la santé.

C’est ici qu’après plusieurs années à tenter d’attirer l’attention sur les risques psychosociaux, les syndicats, les DRH, les psychologues, ..., mettent en avant les risques pour l’équilibre des collaborateurs.

Des initiatives naissent à travers le monde pour imposer aux collaborateurs des périodes de repos forcé. Les responsabilités des directions générales pouvaient être mises en cause pour manquement à leur obligation de maintien de l’intégrité physique et mentale des salariés. C’est ainsi que de nouvelles règles de travail sont instaurés :

- Coupure de l’électricité dans les locaux après 18.30

- Fermeture des locaux après 19.30

- Coupure des accès aux serveurs mails de 18.30 à 7.00

 

Le sevrage risque d’être difficile, un soutien psychologique sera nécessaire pour les plus intoxiqués.

Il n’en demeure pas moins que les managers se sont habitués à pouvoir joindre leurs collaborateurs sur des plages horaires étendues (plus de 12 heures d’affilé) et que les changements de mentalité vont prendre du temps.

Les grands groupes pourront compter sur des effectifs importants pour se réorganiser, mais les TPE/PME auront plus de mal à s’adapter si les pouvoirs publics légifèrent.

Quoi qu’il en soit, les limites de ce « système » sont atteintes. Un retour à un équilibre vie privée / vie professionnelle est souhaitable, car les troubles comme le burn out sont de plus en plus fréquents.


 

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