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Coaching
13/11/2014

Coaching Cadres / La rupture professionnelle (Licenciement ou démission) : le deuil reste à faire !

Une rupture professionnelle est un choc dans la carrière qui a souvent tendance à être minoré.

 

Toutes les modalités de ruptures n’entrainent pas les mêmes conséquences mais le cycle peut être assimilé à celui du deuil. Selon la définition du Larousse, «  Faire son deuil de quelque chose, y renoncer, se résigner à la perte de quelque chose ». Dans le contexte professionnel, la rupture est une période de crise (pour les 2 parties généralement), où les capacités de résilience vont être mises à l’épreuve.

 

Elisabeth Kübler-Ross a établi un modèle qui, bien que critiqué, sert de référence dans l’explication de ce processus de cheminement intérieur : cf. courbe ci-dessous.

 

Quelles sont les différentes étapes du deuil appliqué à la sphère professionnelle ?

 

1.    Choc : c’est la première des étapes, celle où l’on apprend la rupture. Les réactions sont alors très différentes selon les individus : pour certains ce sera une absence première de sentiment, un silence total, pour d’autres l’émotionnel peut prendre le dessus.

 

2.    Déni : selon Freud, le déni désigne « la non-considération d’une partie de la réalité », c’est donc le refus de la réalité.

 

Ces deux premières étapes sont généralement les plus courtes dans le processus de deuil. Toutefois, la phase de déni peut parfois perdurer même si la personne poursuit le processus. C’est une fois ces deux étapes passées que se concrétise la réalité de la perte, de la rupture professionnelle.

 

3.    Colère : c’est à ce moment du processus que les personnes vont déclarer « après tout ce que j’ai fait pour la société, voilà comment je suis remercié ! ». D’autres personnes vont entrer dans une phase de culpabilisation avec des déclarations du type « si j’avais fait ça autrement, c’est de ma faute ». Extérioriser la colère, pouvoir échanger sur ses sentiments à cette étape sans jugement de la part de l'interlocuteur est un élément important pour poursuivre le processus. C’est aussi l’étape de tous les questionnements : « pourquoi moi ? », « en quoi suis-je responsable de ce qui m’arrive ? »…

 

4.     Peur : les personnes se retrouvent face à elles-mêmes, et l’angoisse et la peur émergent. Les questions du type « que vais-je faire ? », « à quoi suis-je bon ? », « que vais-je devenir ? ». Trouver à ce moment du deuil une personne extérieure à ce que vous vivez qui pourra écouter, accompagner dans tous les questionnements est généralement salvateur. Ce tiers pourra rebondir avec la personne et lever les freins que généralement engendre la peur.

 

5.     Tristesse : c’est une étape où la vigilance de l’entourage de mise car c’est celle où la dépression peut s’installer. C’est la phase du deuil où la personne peut s’enfermer dans la douleur et ne pas voir au-delà, ne pas envisager d’avenir.

 

6.     Acceptation : ce n’est pas la négation de ce qui est arrivé, mais la décision de faire avec et de poursuivre sa carrière professionnelle

 

7.     Pardon : la personne renonce à chercher des coupables de cette rupture, renonce à se sentir coupable de cette rupture professionnelle. « Je vais pardonner à l’entreprise, au manager ».

 

8.     Quête de sens nouveau : c’est la prise de conscience que la rupture professionnelle a permis finalement de faire des choses non envisageables dans l’ancienne situation : faire un bilan de compétences, bénéficier d’un coaching, développer de nouvelles compétences, envisager d’autres trajectoires de carrière, acquérir une conscience de mon parcours professionnel et prendre plus de responsabilités, etc.

 

9.     Sérénité : la personne a fait la paix avec ce moment de vie professionnelle douloureux et arrive désormais à l’évoquer sans excès d’émotion

Ces différentes étapes ne sont pas toujours linéaires : une personne peut faire des allers-retours dans ce processus puis continuer d’avancer. Par ailleurs, certaines personnes ne vont pas suivre toutes ces étapes mais passer directement de la colère à l’acceptation par exemple.

Le processus de deuil dans le cadre professionnel permet souvent un changement radical par rapport à la situation établie. Ce changement radical peut s’entendre tant au niveau de l’individu qu’au niveau de l’organisation.

En effet, l’organisation n’est pas exempte des conséquences d’une rupture comme par exemple lorsqu’un manager reconnu et apprécié par ses collaborateurs annonce son départ. C’est alors une équipe entière qui doit entrer dans ce processus de deuil et comme une équipe est un tout, il s’agit de traiter le deuil également au niveau de ce tout. Mais comme cette équipe est également constituée de parties (les personnes qui la composent), il s’agit d’accompagner également chacun de ces membres.

En clair, la rupture professionnelle entraine un deuil qui doit s’entendre tant au niveau de l’individuel que du collectif.